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Séances

L’EVANGILE SELON SAINT MATTHIEU

cineclub {vo}
Pier Paolo Pasolini
Italie, 1964, 2h17

Avec Enrique Irazoqui, Margherita Caruso, Susanna Pasolini

A l’occasion des 16èmes journées cinématographiques dionysiennes qui se déroulent à l’Ecran de Saint-Ouen et dans les salles associées, le ciné-club s’empare de la thématique de l’année, « Censure(s) », et vous propose deux œuvres de Pier Paolo Pasolini.

 

Un ange vient annoncer à Marie qu’elle attend l’enfant Jésus. Adaptation des épisodes de la vie du Christ selon l’Évangile de Matthieu.

 

« Intellectuel communiste et athée, écrivain et cinéaste poursuivi à plusieurs reprises pour outrage à la religion d’État, atteinte aux bonnes mœurs ou pornographie, Pasolini découvre l’Évangile selon Saint-Matthieu et décide, « dans l’exaltation de cette lecture », d’en faire un film salué pour sa grande fidélité au texte qu’il respecte à la lettre et récompensé par le Grand prix de l’Office Catholique du cinéma, mais vilipendé par de nombreux intellectuels. Deux ans plus tôt, Pasolini se voyait condamné à quatre mois de prison avec sursis pour «  offense à la religion d’État » en raison de son court-métrage La Ricotta, mis sous séquestre par la censure italienne. Paradoxe ? Pasolini s’en défendit, définissant Matthieu comme « le plus révolutionnaire de tous les évangélistes, parce qu’il est le plus ‘réaliste’, le plus proche de la réalité terrienne du monde où le Christ apparaît ». Ou le revendiqua, en rappelant qu’il était, en tant qu’italien, « culturellement chrétien ». On peut également observer une certaine continuité avec les précédents films de Pasolini (Accattone, Mamma Roma) : il y développait l’idée d’une forme de sacré dans la réalité en décrivant le sous-prolétariat romain, les ragazzi, comme des personnages épiques, les filmant dans le souvenir de Pontormo ou de Masaccio. Ici, c’est le souvenir des tableaux de Piero Della Francesca qui informe nombreuses scènes, et le commentaire musical déjoue toute localisation historique et géographique : à Bach, Webern, Mozart et Prokoviev, se greffent la « Missa Luba » congolaise, des Negro Spirituals ou des chants révolutionnaires russes qui donnent un sens autre aux images.

À ces palimpsestes visuels et musicaux, s’ajoute un palimpseste d’ordre géographique. Pasolini fit des repérages en Palestine, repérages « ratés » car, déçu par les Lieux Saints, le réalisateur choisit finalement de tourner son film en Italie du Sud. « L’Italie du Sud me permettait de faire la transposition du monde ancien dans le monde moderne, sans avoir à la reconstruire ni d’un point de vue archéologique ni d’un point de vue philologique. J’ai fait un grand tour dans le Sud, seul, en voiture, et j’ai choisi tous les décors naturels ». Fabienne Duszynski

 

Précédé de :

LA RICOTTA (sketch du film RoGoPaG, R. Rossellini, J-L. Godard, P.P. Pasolini, U. Gregoretti)

De Pier Paolo Pasolini (Italie, 1962, noir et blanc et couleur, 35 mn)

Avec Mario Cipriani, Orson Welles, Laura Betti

 

Stracci est figurant sur le tournage à gros budget d’une adaptation de la Passion du Christ ; il interprète le bon larron crucifié. Entre les prises de vue, il tente de dénicher à manger : il a très faim et sa famille aussi.

cinéma
Mercredi 10 Février 19:30
Ciné-Club