Films de la semaine

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Séances

LES INNOCENTS

cineclub {vo}
Jack Clayton
Royaume-Uni, 1961, 1h39

Avec Deborah Kerr, Michael Redgrave, Megs Jenkins

À la fin du 19ème siècle, en Angleterre, Miss Giddens, institutrice issue d’un milieu modeste, est engagée comme gouvernante auprès de deux jeunes enfants, riches orphelins habitant un manoir isolé. Elle est témoin de curieux phénomènes qui éveillent en elle la conviction que les enfants sont sous l’emprise des fantômes de l’ancienne gouvernante et du jardinier.

 

Jack Clayton offre une adaptation sublime du fameux Tour d’écrou d’Henry James publié en 1898, chef-d’œuvre d’ambiguïté. Le récit écrit par l’écrivain américain résidant en Angleterre est né, semble-t-il, d’une anecdote que lui raconta l’archevêque de Canterbury ; James, dont on connaît le goût pour le surnaturel, la reporte dans ses Carnets, et ajoute, se promettant d’y revenir un jour : « Tout cela est obscur et imparfait […] mais il y a là-dedans la suggestion d’un effet, un étrange frisson d’horreur ». Clayton sait trouver les formes cinématographiques aptes à préserver toute l’équivoque des faits (on peut dire du film ce que Julien Green disait de l’œuvre de James : « Il y a ceci d’étonnant qu’on voit parfaitement ce qu’il ne décrit nullement »). Entouré de collaborateurs particulièrement inspirés (ambiance gothique ciselée en orfèvre par le travail du chef-opérateur Freddie Francis, futur réalisateur des films d’horreur pour la Hammer ; complexité psychologique des personnages façonnés par Truman Capote, scénariste ; ritournelle enfantine entêtante écrite par Georges Auric ; nuances de l’interprétation de Deborah Kerr), le réalisateur décrit des événements dont la nature même reste indéterminée, d’autant plus troublants qu’ils concernent des enfants, monstres d’opacité, énigmes ainsi dépeints par Miss Giddens : « leur beauté extra-terrestre, leur vertu absolument anormale. C’est un manège ». Les innocents : vraiment ?

D’autres œuvres se sont depuis inspiré tout autant du récit de James que du film de Clayton, notamment le très beau Les Autres d’Alejandro Amenabar en 2001.

Fabienne Duszynski

 

« Loin des délires baroques et spectaculaires des productions Hammer de la même époque, tout concorde à faire de ces Innocents un sommet du film d'épouvante gothique et psychologique. Le film de Clayton pourrait représenter sans conteste la quintessence du fantastique au cinéma. Riche, complexe, d'une inventivité formelle exceptionnelle et ayant inspiré des générations de cinéastes du genre (on pense au beau film Les Autres d'Alejandro Aménabar), Les Innocents n'a pas fini de nous fasciner par sa beauté secrète et vénéneuse et son atmosphère trouble et inquiétante. En bref, un très grand film à redécouvrir d'urgence ! » DVDclassik.com

rencontre
cinéma
Mardi 10 Novembre 20:30
Ciné-Club présenté par Fabienne Duszynski