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Séances
CYCLE CINEMA PHILIPPIN

MANILLE

cineclub {vo}
Lino Brocka
Philippines, 1975, 2h07

Hilda Koronel, Lou Salvador JR., Tommy Abuel

Ligaya a quitté la campagne pour Manille, espérant y trouver de quoi mieux vivre. Lorsqu’elle cesse de donner de ses nouvelles, son fiancé Julio, un jeune pêcheur, décide de la retrouver. Arrivé à Manille, il fait l’épreuve de la précarité du prolétariat urbain – exploitation des ouvriers sur les chantiers, prostitution, corruption, vie dans les bidonvilles – pris « dans les griffes du néon » (c’est la traduction littérale du titre original du film) qui « attirent les provinciaux comme des papillons de nuit viennent se brûler aux lampes » (Lino Brocka).

 

« Depuis quelques années, le cinéma philippin semble avoir trouvé place sur la carte du monde de la cinéphilie : Brillante Mendoza, Raya Martin, Jim Libiran et Lav Diaz sont les hérauts d’une génération de cinéastes née grâce à la révolution numérique qui leur a permis, à bon marché, de sortir des voies d’un cinéma exclusivement commercial tracées par les grands studios philippins. Le travail salutaire de restauration de copies mené par le World Cinema Project de la Film Foundation de Martin Scorsese nous offre l’occasion de mettre en perspective cette production actuelle en exhumant de l’oubli l’œuvre de Lino Brocka dont ils se réclament tous, à divers titres. Nous avions déjà programmé l’an dernier un film de Lino Brocka, Insiang (1976). Nous ne pouvons résister au plaisir d’accompagner la ressortie en copie restaurée de cet autre film, convaincues de la nécessité de donner visibilité à ce cinéaste quelque peu oublié depuis sa mort prématurée en 1991. Manille fera écho à la sortie récente de Ma’Rosa de Brillante Mendoza et aux sorties prochaines de La Femme qui est partie (Lion d’or de la Mostra de Venise, en salles en février) et de Berceuse pour un sombre mystère (en salles le 29 mars). C’est également avec l’inquiétante actualité politique et la situation sociale des Philippines que le film de Brocka entre en résonance : opposant notoire à la dictature des Marcos, détracteur désabusé de ceux qui prirent la relève, Brocka était un citoyen engagé concevant le cinéma (et le théâtre qu’il a tout autant pratiqué) comme un instrument de lutte sociale et politique.

Ce qui émeut et force le respect dans les films de Brocka, c’est cette capacité à documenter une réalité cruelle sans misérabilisme aucun, à l’exprimer par les moyens propres du cinéma sans céder – jamais – ni sur le fond (la réalité peut être dénoncée puisqu’elle est réfléchie et analysée), ni sur la forme (tourné rapidement dans des conditions difficiles, la mise en scène est admirable, le cadre et la photo soignés), et en s’adressant à tous par les ressources du genre populaire du mélodrame. » Fabienne Duszynski

 

A voir la semaine du 22 au 28 février : Ma’Rosa de Brillante Mendoza

cinéma
Mardi 21 Février 20:00
Ciné-Club